Cancers, 4 sur 10 sont évitables, voici comment. Le manuel des bons comportements

40 % des nouveaux cas de cancer pourraient être évités en agissant simplement sur le mode de vie et en suivant un manuel en 30 points. L’Organisation mondiale de la santé s’en souvient à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, la Journée mondiale de lutte contre le cancer, célébrée le 4 février. En particulier, les cas de cancer sur lesquels il est possible d’intervenir avec des comportements ciblés sont ceux du poumon, de l’estomac et du col utérin, qui représentent près de la moitié de tous les néoplasmes évitables.

4 cancers sur 10 seraient évitables

Comme le montrent les données de l’agence OMS de recherche sur le cancer, le CIRC, sur les 18,7 millions de nouveaux cas de cancer par an, 7,1 millions pourraient être évités. Cela représente près de 40 % et exactement 37,8 %. L’estimation, qui vient d’être publiée dans la revue Nature Medicine, s’appuie sur une analyse de données provenant de 185 pays et portant sur 36 types de cancer. Il en ressort qu’en agissant sur certains des facteurs qui influencent l’apparition de nombreuses tumeurs, il serait possible d’en réduire le nombre. Concrètement, les experts indiquent 30 causes principales.

Les 30 causes sur lesquelles vous pouvez agir

Les principaux, comme indiqué dans l’article, sont imputables au tabac, à l’alcool, à un indice de masse corporelle élevé (donc surpoids et obésité), à la sédentarité, à la pollution de l’air, aux rayons ultraviolets (donc aux lampes de bronzage ou à l’exposition au soleil sans protection adéquate). Parmi les autres facteurs de risque évitables figurent le virus du papillome, qui peut être évité grâce à la vaccination des femmes et des hommes, ainsi qu’un mode de vie sédentaire. La réduction des cas de cancer pourrait entraîner une réduction de la mortalité, avec 7,1 millions de décès évitables. Comme l’explique André Ilbawi, premier auteur de l’étude et chef d’équipe de l’OMS pour la lutte contre le cancer : « Il s’agit de la première analyse mondiale démontrant à quel point l’impact sur le risque de développer un cancer est causé par des causes que nous pouvons prévenir.

Incidence entre hommes et femmes

Comme il ressort de l’étude, il est mis en évidence pour la première fois que neuf infections cancérigènes sont à l’origine de 2,7 millions (29,7%) de cas chez les femmes et de 4,3 millions (45,4%) chez les hommes. Dans le détail, le pourcentage de cancers évitables, selon les données de 2022, varie de 24,6 % à 38,2 % chez les femmes et de 28,1 % à 57,2 % chez les hommes, selon les régions géographiques examinées. Si le tabagisme reste la première cause de décès évitables par cancer (15,1%), les infections arrivent en deuxième position avec 10,2%, suivies en troisième position par la consommation d’alcool, qui représente 3,2%. A noter qu’il existe également des différences dans le risque supporté par les hommes : 45 % des nouveaux cas de cancer sont enregistrés parmi ces derniers, contre 30 % chez les femmes. Dans l’échantillon masculin, le tabagisme représente 23%, suivi par les infections à 9% et l’alcool à 4%, tandis que dans l’échantillon féminin, le principal danger à ce jour est représenté par les infections, qui se sont révélées être des causes déterminantes dans 11% de tous les nouveaux cas de cancer, suivies par le tabagisme à 6% et un indice de masse corporelle élevé à 3%.

Quels sont les cancers évitables ?

Les recherches indiquent également que les cancers du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus représentent près de la moitié des cancers évitables chez les hommes et les femmes dans le monde. Dans le premier cas, le facteur déterminant est le tabagisme et la pollution de l’air. Le cancer de l’estomac, en revanche, est davantage lié à l’infection à Helicobacter pylori, tandis qu’il a été démontré que le cancer du col de l’utérus est principalement dû au virus du papillome humain (VPH). Face à ces preuves, l’OMS nous exhorte à renforcer la prévention, avec des campagnes d’information et de sensibilisation notamment sur les méfaits du tabagisme, l’importance de la vaccination contre le VPH, la réduction de la consommation d’alcool et l’amélioration des politiques d’atténuation de la pollution de l’air. La vaccination contre l’hépatite B est également importante, ainsi que les stratégies conduisant à une réduction du mode de vie sédentaire.

Répartition territoriale dans le monde

Cependant, il existe également des conditions spécifiques qui peuvent varier selon la zone géographique prise en considération. Par exemple, les cas de cancer évitables chez les femmes varient de 24 % en Afrique du Nord et en Asie occidentale à 38 % en Afrique subsaharienne. Toutefois, chez les hommes, le plus grand nombre de cancers évitables a été observé en Asie de l’Est (57 %), tandis que le plus faible a été observé en Amérique latine et dans les Caraïbes, où il était de 28 %. Selon le CIRC, ce qui influence ces chiffres très différents, ce sont avant tout des facteurs de risque comportementaux, mais aussi environnementaux, ainsi que ceux plus strictement inhérents aux conditions et types d’emploi et à la présence d’agents infectieux. Un rôle décisif est également joué par le type d’économie et de société, par la présence de différents systèmes de santé et par les différentes politiques de prévention mises en œuvre par les différentes administrations.

Les interventions nécessaires

Face à un tableau aussi varié, les auteurs de l’étude soulignent combien « une action coordonnée est nécessaire pour éviter que des millions de familles ne subissent le fardeau d’un diagnostic de cancer ». intégrant pour la première fois les causes infectieuses du cancer aux risques comportementaux, environnementaux et professionnels. S’attaquer à ces causes évitables représente l’une des opportunités les plus puissantes de réduire le fardeau mondial du cancer.