Grippe K en plus, car le virus est un « maître de la métamorphose » : comment faire face aux variants

Les dernières données sur les épidémies de grippe indiquent que dans la semaine du 1er au 7 décembre, 695 mille Italiens ont été touchés par des infections respiratoires aiguës, soit environ 100 mille de plus que la semaine précédente. Et, selon ce qui est rapporté dans la base de données des cas d’infections respiratoires aiguës enregistrés par la surveillance Respivirnet, l’incidence hebdomadaire est actuellement de 12,4 cas pour mille sujets, mais avec des cas beaucoup plus fréquents chez les enfants.

Parmi les régions les plus touchées figurent la Lombardie, l’Émilie-Romagne, le Piémont et la Sardaigne. Comme mentionné, parmi les différents virus, ce sont surtout les virus de la grippe qui se multiplient, également en raison de la propagation de la nouvelle souche, appelée K, résultat d’une variante du virus A-H3/N2. Cette même souche serait cependant responsable de la prolongation de la saison dans l’hémisphère Sud et est donc préoccupante. Mais pourquoi le virus de la grippe varie-t-il si fréquemment ? Et comment se produisent ces mutations ?

Comment sont créés les virus

Les virus de la grippe sont très contagieux et présentent certaines caractéristiques qui les rendent complètement différents de leurs « similaires ». Ils font partie de la famille des Orthomyxoviridae, genre Orthomyxovirus.

Ils ont la forme d’une sphère, plus ou moins semblable à un ballon de football bien que de dimensions infinitésimales par rapport à lui, nous sommes de l’ordre de 80-120 nanomètres de diamètre. Sur leur surface externe, ils apparaissent « épineux », car ils présentent de fines protubérances appelées « pointes » en termes scientifiques.

Ces structures sont fondamentales pour la réponse de l’organisme au virus, pour l’activité des médicaments et pour le développement de vaccins. En fait, sur ces protubérances se trouvent ce qu’on appelle les antigènes de surface, c’est-à-dire les hémagglutinines (marquées des initiales H) et les neuraminidases (marquées de la lettre N). Ces deux éléments sont fondamentaux pour la définition du sous-type du virus : en effet, pour chaque souche grippale, on utilise une lettre qui caractérise la « famille » virale en termes généraux à partir des antigènes internes (A, B et C) ; pour le type A, les deux sigles H et N, suivis d’un numéro, distinguent spécifiquement les antigènes de la même souche. Cependant, il n’existe pas de sous-type pour les virus B et C.

Évidemment, la structure complexe du virus ne se limite pas à sa partie externe. En effet, le patrimoine génétique viral est présent à l’intérieur, sous forme d’acide ribonucléique (ARN). Celui-ci est « construit » comme une véritable mosaïque qui comprend plusieurs fragments distincts pour les virus de type A et B, et dans une moindre mesure pour le type C. A, B et C, comme mentionné, ne sont rien de plus que les acronymes qui identifient les caractéristiques des antigènes internes du virus.

Les virus de type B et C ont pour unique réservoir l’homme, tandis que les virus de type A peuvent infecter diverses espèces animales : par exemple les porcs, les chevaux, les oiseaux et les volailles ainsi que les canards. En effet, ces virus peuvent également infecter les mammifères marins.

Comment les virus de la grippe sont classés

Lors de la classification des virus de la grippe, on propose donc d’abord la lettre de l’alphabet qui caractérise les antigènes internes, puis pour les virus de type A, les lettres H et N sont insérées. De manière générale, diverses hémagglutinines (H) et neuraminidases (N) sont connues pour le virus de la grippe de type A. Puisque les deux antigènes peuvent s’associer de manière aléatoire, un grand nombre de combinaisons sont potentiellement possibles.

À ce jour, les sous-types A associés aux maladies humaines sont H1N1, H2N2 et H3N2, bien qu’il existe une rare possibilité que d’autres sous-types puissent provoquer une pathologie chez l’homme. Pour bien comprendre ce que signifient les acronymes que nous lisons quotidiennement pendant la saison hivernale, il faut donc retenir cet ordre : type, espèce à partir de laquelle le virus a été isolé (ces données sont omises pour les souches isolées de l’homme), lieu d’isolement, numéro attribué par le laboratoire, année d’isolement. Dans le cas du virus A, le sous-type est ajouté.

Pourquoi et comment ils changent

Un chercheur, De Jo, a défini les virus de la grippe comme des « maîtres de la métamorphose », partant du constat que ces souches subissent cycliquement des modifications plus ou moins importantes de leur patrimoine génétique.

Ces changements peuvent être minimes, et c’est ce qui se produit chaque année lors de la grippe saisonnière, pour laquelle les populations les plus à risque doivent être vaccinées régulièrement, ou des changements peuvent survenir qui modifient profondément la structure du virus lui-même, le rendant complètement « nouveau » et méconnaissable pour le système immunitaire humain.

Techniquement, les experts définissent ces modes de changement comme une « dérive antigénique » ou un « déplacement antigénique ».

La première, ou variation mineure, est le résultat de mutations minimes qui se produisent naturellement lors de la réplication virale dans tous les gènes et en particulier dans ceux de l’hémagglutinine et de la neuraminidase. Évidemment, le risque de mutations est d’autant plus grand que le nombre d’individus hôtes chez lesquels le virus se reproduit est élevé.

C’est pour cette raison que les virus de la grippe humaine, qui touchent chaque hiver des millions de personnes dans le monde, sont particulièrement sujets à ces changements. Le phénomène est lié à la nécessité pour le virus de se « mettre à jour » d’un point de vue génétique pour « survivre » : ainsi progressivement une souche qui a circulé et touché de nombreux individus ou en tout cas s’est retrouvée « barrée » par un vaccin a tendance à changer, quoique légèrement. L’évolution continue des virus humains de types A et B rend nécessaire une mise à jour annuelle des vaccins saisonniers.

Que se passe-t-il dans les mutations les plus significatives

Le changement antigénique ou la variation majeure est bien plus grave. Ce phénomène survient suite au réassortiment du matériel génétique de deux virus différents, qui infectent la même cellule. De cette « combinaison » d’actifs génétiques viraux peut naître un virus complètement nouveau par rapport aux précédents.

Un réassortiment peut se produire entre deux virus de la même espèce ou d’espèces différentes. Par exemple, à l’occasion de l’apparition du virus AH1N2, un réassortiment s’est produit chez l’homme des virus humains AH3N2 et AH1N1. Quelque chose de similaire peut également se produire entre des virus d’espèces différentes.

Dans ce cas, le matériel génétique viral est modifié par un « mélange » de virus aviaires et humains lors d’une co-infection par les deux souches chez un être humain ou un autre animal.

Le réassortiment génétique qui se produit dans ce cas peut donner naissance à un virus hautement transmissible qui peut immédiatement donner lieu à un grand nombre de cas d’infection chez l’homme. La mutation dite adaptative est différente. Il s’agit d’un processus progressif et plus lent, qui implique que le virus s’adapte aux cellules humaines au fil du temps, infectant ainsi les humains. Cette mutation s’exprime dans un premier temps dans un nombre limité de cas humains, avec une augmentation de la capacité du virus à se transmettre d’humain à humain.