C’est le grand défi pour beaucoup de gens. Anxiété, irritabilité, faiblesse, difficultés de concentration nous accompagnent tout au long de la journée, lorsque nous dormons mal et/ou peu. Et nous ne demandons rien de plus que quelque chose qui nous aidera à rester aussi longtemps que nous le devrions dans les bras de Morphée. Facile à dire. Mais difficile à obtenir, la thérapie idéale pour traiter l’insomnie sous ses différentes facettes. Aussi et surtout parce que tous les gens ne sont pas pareils. Et encore moins les mécanismes qui génèrent un sommeil insatisfaisant se chevauchent selon les sujets.
Eh bien, pour savoir si le traitement que nous suivons est vraiment le bon pour nous à l’avenir, nous pourrions nous concentrer sur le smartphone. Une recherche menée par des experts de l’Université du Maryland et publiée dans JAMA Network Open indique qu’avec une application dédiée, vous pouvez savoir si un traitement fonctionne réellement et dans quelle mesure.
Ce que dit l’étude
L’enquête révèle qu’en utilisant les évaluations en temps réel obtenues via le smartphone, vous pouvez évaluer l’efficacité des médicaments que vous prenez en détectant des améliorations des symptômes de l’insomnie diurne, notamment les capacités de réflexion, la fatigue et l’humeur.
Considérez : après deux semaines de traitement, cette approche basée sur un smartphone a détecté les effets du traitement plus efficacement que les méthodes traditionnelles telles que les questionnaires de rappel. L’essai clinique a porté sur 40 personnes âgées de 60 à 85 ans souffrant d’insomnie chronique, assignées au hasard à prendre un médicament ciblé contre l’insomnie ou un placebo pendant 16 nuits.
Les deux groupes ont utilisé une application pour smartphone pour enregistrer les symptômes d’insomnie diurne en temps réel, quatre fois par jour pendant toute la durée de l’étude. Les participants ont également rempli des questionnaires traditionnels pour évaluer leurs habitudes de sommeil et leurs symptômes diurnes, avant et après le traitement.
Résultat? Premièrement, les questionnaires traditionnels ont révélé une amélioration générale de la gravité de l’insomnie entre les groupes de traitement et le groupe placebo, sans identifier de différences significatives dans les symptômes diurnes.
En revanche, l’approche d’évaluation basée sur un smartphone, appelée Ecological Momentary Assessment (EMA), a révélé des différences subtiles et importantes entre les deux groupes : par rapport au placebo, la fatigue a augmenté le matin après le traitement avec le médicament, mais était meilleure sur ce front l’après-midi et le soir.
De même, la cognition à l’éveil s’est normalisée à mesure que les heures de clarté passaient chez ceux qui prenaient le médicament. Les participants à la recherche ont noté que l’évaluation sur smartphone était facile à utiliser, avec un taux de réussite de 93,3 % dans toutes les enquêtes, démontrant la faisabilité et un fort engagement.
Le fardeau de l’insomnie, une maladie de 24 heures
Les symptômes diurnes tels que la fatigue, les troubles cognitifs et les troubles de l’humeur sont les principales caractéristiques de l’insomnie, rappellent les auteurs de la recherche.
Il ne suffit donc pas d’agir sur le repos nocturne mais il faut améliorer le sommeil. Nous devons vraiment comprendre dans quelle mesure et comment les thérapies (qui doivent toujours être indiquées par le médecin) améliorent également le fonctionnement diurne. En ce sens, ce que rapportent les patients est ce qui compte le plus.
Il ne faut jamais oublier que l’impact de l’insomnie est souvent sous-estimé. En réalité, il peut s’agir d’une condition pénible susceptible d’avoir un impact significatif sur la qualité de vie du patient, compromettant le travail, les études, la vie sociale et les relations. Les chiffres le disent.
Tout d’abord, les personnes qui souffrent d’insomnie sont trois fois plus susceptibles de se sentir déprimées que les personnes ayant des habitudes de sommeil normales, et sont deux fois plus susceptibles de ressentir un faible niveau d’énergie et une faible motivation pour faire de l’exercice physique ou participer à des activités sociales.
Et ce n’est pas tout : ceux qui souffrent d’insomnie sont plus susceptibles de se sentir irritables et incompris, avec des répercussions possibles sur les relations dans la vie privée et professionnelle. Considérez que les insomniaques sont en moyenne trois fois plus susceptibles de souffrir d’un manque de concentration pendant la journée que ceux qui dorment bien.
L’impact économique de l’insomnie est également très important puisqu’elle est l’une des principales causes d’absentéisme et de baisse de productivité au travail.
Une mauvaise gestion de l’insomnie est associée à un risque accru d’accidents de la route, de chutes et d’accidents du travail. En Europe, le fardeau annuel total de l’insomnie s’élève à environ 50 milliards d’euros. Toutefois, ces données ne concernent que les coûts directs, tels que les coûts des médicaments et des traitements psychothérapeutiques. Il faut également prendre en compte les coûts indirects dus à l’absentéisme, à la baisse de productivité au travail et à l’augmentation des blessures et des risques d’accidents de la route.