Sclérose en plaques, comment fonctionnent les anti-inflammatoires naturels du système immunitaire

144 000 personnes. Selon les données publiées par l’AISM dans le Baromètre de la sclérose en plaques, cette pathologie affecterait ce nombre de personnes en Italie sous diverses formes. Grâce à la recherche, il existe aujourd’hui plus d’une vingtaine de thérapies différentes, pour apporter des réponses aux patients en fonction des caractéristiques de la situation. Mais cela ne signifie pas qu’il n’est pas possible de trouver d’autres moyens de lutter contre la pathologie, surtout si l’on considère qu’il existe des formes progressives de la maladie pour lesquelles il n’existe actuellement aucun remède efficace.

Dans ce sens, une nouvelle ligne de recherche se développe, sur laquelle travaille la Fondation Santa Lucia IRCCS de Rome avec le soutien de l’AISM et de la Fondation italienne pour la sclérose en plaques (FISM). L’objectif est d’étudier les mécanismes anti-inflammatoires naturels du système immunitaire afin de créer une nouvelle classe de médicaments ayant pour effet de renforcer ces mécanismes sans réduire l’efficacité du système immunitaire lui-même.

Qu’est-ce que la sclérose en plaques

Il s’agit d’une maladie neurologique qui affecte le système nerveux central et qui a tendance à s’aggraver avec le temps. Elle présente souvent les premiers signes de sa présence dès le jeune âge, entre 20 et 30 ans, et apparaît généralement chez les personnes âgées de 15 à 45-50 ans. Les femmes sont touchées deux fois plus souvent que les hommes.

La lésion classique de la pathologie affecte la myéline, la substance qui entoure les nerfs et qui a pour tâche d’assurer la vitesse correcte de passage du signal nerveux. La myéline est endommagée et des anticorps dirigés contre la myéline peuvent être détectés chez les patients. Le résultat est que les signaux nerveux ne circulent pas comme ils le devraient et il y a donc une limitation des mouvements qui affecte les zones du corps normalement contrôlées par la zone du cerveau dans laquelle les plaques sont apparues. L’altération typique de la sclérose en plaques est donc appelée démyélinisation.

Les interleukines comme point central

La sclérose en plaques est causée plus spécifiquement par une réponse anormale du système immunitaire qui s’active contre des molécules du système nerveux produisant une neuroinflammation. Les thérapies actuelles se concentrent donc sur la modulation ou la suppression du système immunitaire pour réduire les symptômes et les effets à long terme de la maladie, mais cette action immunosuppressive peut réduire la capacité de l’organisme à lutter contre les agents pathogènes externes et d’autres risques contre lesquels le système immunitaire doit remplir sa fonction.

C’est précisément pour répondre à ce besoin qu’une nouvelle ligne de recherche est menée par l’équipe de recherche du Laboratoire de Neuroimmunologie Moléculaire de la Fondation Santa Lucia IRCCS, dirigée par Elisabetta Volpe.

À la loupe se trouve le rôle de l’interleukine 9 (IL-9) dans la médiation de l’activation inflammatoire du système nerveux central, en particulier sur les astrocytes, c’est-à-dire les cellules en forme d’étoile (d’où son nom) qui structurent le système nerveux, mais qui peuvent devenir réactives, c’est-à-dire inflammatoires, dans des conditions pathologiques.

Les interleukines sont des protéines du système immunitaire qui transportent l’information : elles peuvent activer, renforcer ou réduire la réponse immunitaire et cette étude démontre que l’IL-9 a un effet réducteur sur l’état inflammatoire des astrocytes.

Des espoirs pour l’avenir

« Ces résultats démontrent que le système immunitaire a non seulement des fonctions négatives dans la sclérose en plaques, mais peut également activer des mécanismes pour désactiver la neuroinflammation, et comprendre comment le cerveau des patients répond à un stimulus inflammatoire augmente les options thérapeutiques pour les patients – dit l’expert.

Utiliser et moduler sélectivement ces mécanismes, et notamment reprogrammer la réactivité des astrocytes et autres cellules responsables de la neuroinflammation, est une étape cruciale pour imaginer des thérapies de plus en plus ciblées.

L’étude, parue dans Neurology: Neuroimmunology & Neuroinflammation, a été réalisée sur des tissus cérébraux de personnes atteintes de sclérose en plaques progressive et sur des modèles cellulaires. Elle a été menée selon une approche expérimentale complexe, basée sur trois modèles humains in vitro différents (lignée cellulaire astrocytaire, astrocytes humains primaires et astrocytes dérivés de cellules souches pluripotentes induites), utilisant des stimuli inflammatoires pour se reproduire en laboratoire dans des conditions similaires à celles observées dans la sclérose en plaques.

Cette stratégie a permis de renforcer la solidité biologique des résultats dans le but d’accélérer le transfert de ces découvertes vers la création de nouvelles thérapies.

Les différentes formes de maladies

Classiquement, la sclérose en plaques se manifeste par des crises répétées, activées par l’action de plaques endommageant la myéline. Malheureusement, avec le temps, ces blessures peuvent devenir « irréparables » et les conséquences des dommages neurologiques peuvent donc être permanentes. Les troubles sont variables et dépendent de la zone touchée.

Les mouvements des membres, la vision, la parole et d’autres fonctions nerveuses peuvent être affectés. Mais il faut reconnaître que l’évolution clinique de la sclérose en plaques varie d’un patient à l’autre et peut également évoluer au cours de la vie d’un même patient. Dans certains cas, un handicap grave apparaît déjà après la première crise, dans d’autres cas, des décennies peuvent s’écouler après la première « rémission » sans qu’aucun symptôme n’apparaisse.

Il faut donc reconnaître différentes formes de pathologie : la plus répandue est la rémittente. Dans ce cas, les signes et symptômes ont tendance à apparaître et à disparaître, surtout dans la phase initiale de la maladie, c’est-à-dire au cours des premières années.

Lorsqu’ils récidivent, on parle de récidive, qui peut se manifester par de nouveaux symptômes ou par l’aggravation de symptômes préexistants. La disparition complète ou incomplète des symptômes est plutôt indiquée par le terme de rémission. Quelques années après son apparition, et sans qu’il soit possible de prévoir les moments et les modalités de réapparition de la maladie, cette forme peut évoluer vers une forme secondaire progressive.

Cela se produit avec ou sans rechutes, qui laissent souvent lieu à une guérison incomplète, avec des phases possibles de rémission et de stabilisation relatives. Il existe alors une forme progressive-primaire, avec la maladie qui peut évoluer dès le début avec une évolution progressive caractérisée par des phases possibles d’amélioration et de stabilisation relatives, et une forme progressive-récurrente caractérisée cependant par une évolution progressive dès le début, avec des rechutes suivies ou non de guérison. Enfin, vous pouvez avoir une sclérose en plaques moins sévère qui se caractérise par une guérison complète après une ou deux rechutes et n’entraîne pas de déficits permanents.

Dans tous les cas, l’important est que la personne concernée découvre la pathologie le plus tôt possible, grâce à un diagnostic précoce, et s’appuie ensuite sur le spécialiste et puisse profiter des traitements disponibles aujourd’hui.